Rue Camille-Chabaneau, ancienne rue des Etanches, du nom de petits barrages établis au Moyen Age par les maîtres tanneurs sur le "rieu Merdansson", ruisseau coulant aujourd'hui sous la route, l'Hôtel d'Albret , joyau préservé de la Renaissance, est ce qui reste d'un vaste Hôtel particulier construit à la charnière des XVe et XVIe siècles par Alain d'Albret (1440-1522), l'arrière-arrière grand-père du bon roi Henri IV.
Les boucliers et les sabres sculptés en façade peuvent être un hommage rendu par Alain d'Albret à un aïeul qui avait participé aux croisades et dont il était très fier. Dans presque toutes les demeures propriétés d'Alain d'Albret, se retrouve un élément de décoration rappelant cet épisode de l'histoire, en particulier dans le château de Nérac.
L'Hôtel de ville fut construit de 1824, date à laquelle Léonard Marcillaud de Bussac, maire de Nontron, en scella la première pierre, à 1830, terme des travaux symbolisés par la pose de grilles et de leurs 4596 kilos de fer provenant des forges voisines d'Etouars. Considéré comme tout à fait novateur, ce bâtiment possédait alors, une salle de spectacle et une halle au grain.
C'est au mois d'avril 1836 que Michel Gianello, plafonnier réputé venu du Piémont, déposa le projet de construction de son imposante maison, place de la Cahüe, avec passage couvert aux arcades en parfaite concordance avec celles de l'Hôtel de ville, où se tinrent longtemps rendez-vous galants ou réunions politiques.
La place de la Cahüe, aujourd'hui place Alfred-Agard, fut à l'origine le lieu privilégié des rassemblements et des réunions La place Alfred-Agardpubliques. Pendant la Révolution, devenue pour un temps place de la Liberté, elle vit les citoyens de la ville, en grande liesse, y brûler terriers et titres féodaux. La tourmente passée, la Cahüe, son nom retrouvé provisoirement, s'agrémenta d'une bien élégante fontaine, perdit son moutier Saint-Sauveur, gagna enfin un Hôtel de ville qui, orgueilleuse construction, donna son nom à la place que désormais il présidait.
Au pied du château, offrant un point de vue remarquable sur le tribunal et l'ancien couvent des Cordeliers, la place du Fort est devenue en 1908 place des Mobiles de la Dordogne en hommage aux héroïques combattants d'une guerre oubliée, celle de 1870-1871, marquant la fin du Second Empire.
Sur la pointe d'un coteau, au sud de la ville, la château de Nontron survit essentiellement par une vaste demeure de plan rectangulaire, à étage et grenier, couverte d'ardoises, élevée au milieu du XVIIIe siècle sur l'emplacement de l'ancien château des Peytavis dont elle a conservé les remarquables caves voûtées.
Plus sûrement qu'aux exploits guerriers des seigneurs du lieu, Mareuil, forteresse de plaine et quatrième baronnie du Périgord, doit sa renommée au talent d'un des fils des manants du château : Arnaud de Mareuil. Clerc désargenté, il se fit troubadour pour gagner sa vie et, au temps de la passion cathare, il écrivit, dans la si belle langue d'Oc, et pour l'amour tout platonique d'Azalaïs, vicomtesse de Béziers, "moults chansons, saluts et romanças", lui "criant pitié à cœur désespéré" et la chantant "au mieux qu'il puit dans les siennes chansons".
Sur une terrasse, à l'orée de la vaste forêt de Lafarge, Puyguilhem, œuvre magistrale de la famille de La Marthonie, est l'un des plus beaux fleurons de la Renaissance en Périgord.
Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantôme, a surtout mérité les faveurs de la postérité par ses "Dames galantes", chef-d'œuvre de littérature gaillarde. Le château de Richemont, élevé sur ses plans dès 1553 "avecques peine et grand coust", nous garde d'oublier le Brantôme bâtisseur. Demeure de force et de plaisance, elle rappelle les rêves et les ambitions d'un courtisan passé de l'ombre de Catherine de Médicis et de l'escadron volant de ses filles d'honneur à celle de la forêt périgorde.
Demeure d'Antoine D'Authon, plus connu sous le nom de Barberousse, pirate, amiral des flottes turques puis pacha d'Alger, elle juxtapose donjon médiéval et logis renaissance.
S'il est des régions où la visite de quelques églises suffit à faire connaître le type de leurs édifices religieux, ce n'est vraiment pas le cas dans le Haut-Périgord.
Au fil du Bandiat, de la Tardoire, de la Nizonne ou de la Doue, les moulins à eau furent longtemps éléments essentiels de l'économie du pays Nontronnais.
Les moulins à vent, fort rares, sont quant à eux des éléments atypiques de notre patrimoine.
La Grotte de Villars, seule grotte en Périgord à présenter des peintures préhistoriques originales et des concrétions naturelles, a été découverte en 1953 par le spéléo-club de Périgueux. C'est le plus grand réseau souterrain du Périgord, plus de 13KM ont été explorés à ce jour.
Fontaines naturelles ou fontaines aménagées, elles eurent à l'origine une fonction utilitaire : réserve d'eau ou abreuvoir... Puis, peu à peu, et dès le XVIIe siècle, elles gagnèrent leurs lettres de noblesse en devenant un ornement à part entière du paysage urbain.
Les hommes côtoient les puits depuis tellement longtemps qu'ils ont fini par ne plus les remarquer.
Pourtant, éléments véritablements indispensables à la vie quotidienne dans nos campagnes, les puits, arrondis ou quadrangulaires, ont été implantés au plus près des habitants, dans la cour de la plus modeste des fermes comme dans celle du plus puissant des châteaux, sur la place du village ou en bordure du champ...
Il a fallu pour ce faire deviner l'eau grâce à la baguette de coudrier, creuser la terre jusqu'à la roche, murer les parois, élever la margelle, sceller le fer forgé, abriter le treuil, enrouler la chaîne et enfin attacher le seau.
CROIX DE DOMAINES, DE CIMETIÈRES, DE CHEMINS OU DE SAUVEGARDE... ORATOIRES
Pierres antiques marquant quelque endroit merveilleux, moins souvent désignant une sépulture, plus souvent servant de signe d'orientation pour les voyageurs... Pierres consacrées, inaugurées comme on inaugure aujourd'hui un pont, une école, une mairie... véritables objets de culte... furent dès l'aube du Moyen-Age surmontées d'une croix.
Dés lors s'érigèrent par milliers nos poétiques croix, sculptées dans la pierre... taillées dans les bois... forgées des mains des artisans ferronniers.
Sur la place du village ou du bourg, sur le champ de foire, le poids public, plus communément appelé balance ou bascule, évoque le souvenir du temps de l'octroi et surtout celui des grandes foires, évènements majeurs du monde rural, en Périgord et plus encore en Limousin.