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La Place Paul-Bert
Pourtant, quelque peu excentrée, cette place fut et demeure encore un haut lieu de la vie nontronnaise. Ainsi, au nord, la majestueuse église Saint-Etienne, définitivement démolie en 1820, fut église paroissiale et connut en 1790 l'élection du premier maire de Nontron : Elie de Labrousse Lagrange. Lui succédèrent : une école primaire de garçons puis une très novatrice école supérieure de jeunes filles, à l'aube du XXe siècle. Réhabilité, le bâtiment abrite aujourd'hui un auditorium et de nombreux services.
Dans son parc, monde de silence et de méditation, cette demeure, à l'étonnante architecture, appartement d'hiver, appartement d'été, a eu le bonheur d'abriter la subtile érudition de Camille chabaneau et le talent incomparable de Fernand Desmoulin.
Fernand Desmoulin, né en 1853 à Javerlhac, artiste de grand talent, fut tour à tour : graveur illustrateur, peintre impressionniste, portraitiste des milieux littéraires et politiques de son époque et dessinateur médiumnique. En effet, de 1900 à 1902, Fernand Desmoulin réalisa sous influence spirite, parfois à l'envers ou dans l'obscurité totale, près d'une centaine de "dessins médiumniques", mystérieux et surprenants. |
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La place Paul-Bert a, dans l'esprit des Nontronnais, beaucoup de mal à assumer un nom que lui attribuèrent en 1908 François Olivier Villepontoux et son conseil municipal en remplacement de ses appellations d'origine : place Saint-Etienne ou de la Grande Eglise.
Côté sud, le massif amoncellement des blocs granitiques du monument de la Grande Guerre, encadré par les deux voltes d'un fort élégant escalier, domine : jardin, monument Chabaneau et pont routier. A l'ouest, la vallée du Bandiat, à l'est, enfin, une étrange tour carrée, élevée à la
Belle Epoque, anachronique pastiche moyennâgeux avec meurtrières, créneaux, échauguettes... puis, au delà de la faille des Basses-rues : La Pastourelle.
Camille Chabaneau, né en 1831, fonctionnaire des postes métamorphosé en philologue de vocation et de profession, professeur à la faculté de Montpellier, dont les nombreux travaux ont été salués par les plus grands spécialistes, majoral du Félibrige et ami de Frédéric Mistral, a laissé à sa ville natale sa tombe ombragée d'un demi-cercle de cyprès au cimetière ainsi qu'une stèle élevée en son honneur le 24 septembre 1911, jour d'une inoubliable félibrée.