La Place Paul-Bert

 

La place Paul-Bert a, dans l'esprit des Nontronnais, beaucoup de mal à assumer un nom que lui attribuèrent en 1908 François Olivier Villepontoux et son conseil municipal en remplacement de ses appellations d'origine : place Saint-Etienne ou de la Grande Eglise.

Pourtant, quelque peu excentrée, cette place fut et demeure encore un haut lieu de la vie nontronnaise. Ainsi, au nord, la majestueuse église Saint-Etienne, définitivement démolie en 1820, fut église paroissiale et connut en 1790 l'élection du premier maire de Nontron : Elie de Labrousse Lagrange. Lui succédèrent : une école primaire de garçons puis une très novatrice école supérieure de jeunes filles, à l'aube du XXe siècle.

Réhabilité, le bâtiment abrite aujourd'hui un auditorium et de nombreux services.

Côté sud, le massif amoncellement des blocs granitiques du monument de la Grande Guerre, encadré par les deux voltes d'un fort élégant escalier, domine : jardin, monument Chabaneau et pont routier. A l'ouest, la vallée du Bandiat, à l'est, enfin, une étrange tour carrée, élevée à la Belle Epoque, anachronique pastiche moyennâgeux avec meurtrières, créneaux, échauguettes... puis, au delà de la faille des Basses-rues : La Pastourelle.

Dans son parc, monde de silence et de méditation, cette demeure, à l'étonnante architecture, appartement d'hiver, appartement d'été, a eu le bonheur d'abriter la subtile érudition de Camille chabaneau et le talent incomparable de Fernand Desmoulin.

Camille Chabaneau, né en 1831, fonctionnaire des postes métamorphosé en philologue de vocation et de profession, professeur à la faculté de Montpellier, dont les nombreux travaux ont été salués par les plus grands spécialistes, majoral du Félibrige et ami de Frédéric Mistral, a laissé à sa ville natale sa tombe ombragée d'un demi-cercle de cyprès au cimetière ainsi qu'une stèle élevée en son honneur le 24 septembre 1911, jour d'une inoubliable félibrée.

 

Fernand Desmoulin, né en 1853 à Javerlhac, artiste de grand talent, fut tour à tour : graveur illustrateur, peintre impressionniste, portraitiste des milieux littéraires et politiques de son époque et dessinateur médiumnique. En effet, de 1900 à 1902, Fernand Desmoulin réalisa sous influence spirite, parfois à l'envers ou dans l'obscurité totale, près d'une centaine de "dessins médiumniques", mystérieux et surprenants.